NE n°421 - La filière canne-sucre face à la libéralisation du marché européen du sucre en 2017 - Novembre 2016

La canne à sucre se place au coeur du paysage agricole réunionnais et de son modèle économique, en sécurisant le revenu des agriculteurs et permettant une diversification vers d’autres cultures. Elle constitue également le pilier d’une filière imbriquant l’agriculture et l’industrie, mais aussi l’énergie (production de sucre, de rhum, de fertilisants et d’électricité notamment). La filière est également le premier secteur exportateur de La Réunion, à travers le sucre et le rhum. Le sucre est exporté pour moitié sur le marché des sucres spéciaux – gamme de sucres roux produits uniquement à partir de la canne – dont le département est le premier producteur d’Europe et le premier fournisseur du marché européen. L’autre moitié est constituée de sucre brut destiné à être raffiné, c’est-à-dire transformé en sucre blanc, au même titre que le sucre blanc tiré directement de la betterave. Si la filière canne-sucre occupe une place importante dans le paysage agricole et industriel réunionnais, son poids dans l’économie globale reste mesuré, avec 3,4 % du chiffre d’affaires de l’économie marchande (2011).

La filière canne–sucre évolue dans un marché réglementé par l’Union européenne – l’OCM Sucre – qui prévoit sa libéralisation au 1er octobre 2017. Fixée depuis 2006, cette prochaine étape signe la fin des quotas et des prix de référence. Face à cette perspective, l’industrie sucrière européenne s’est profondément restructurée et concentrée, en réalisant des économies d’échelle et en misant sur une hausse des volumes produits et exportés afin de résister à des prix potentiellement plus bas et plus volatils. Dans les DOM, l’adaptation de la filière se heurte à des contraintes locales de productivité qui induisent un besoin de soutien additionnel (aides supplémentaires et protection accrue) de la part de l’État français pour pouvoir perdurer dans ce nouvel environnement et maintenir les revenus des planteurs. Nécessaires, ces soutiens accroissent la dépendance de la filière et ne lèvent pas toutes les incertitudes auxquelles elle fait face à moyen-long terme.

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