N° 459 - Les pharmacies à La Réunion : un modèle économique en transition - Juillet 2017

Les pharmacies participent à la mission de service public de la permanence des soins. À ce titre, elles sont non seulement soumises à une réglementation spécifique encadrée par le Code de la santé publique, mais également aux impératifs de rentabilité et de solvabilité, comme toutes autres activités commerciales.

En 2015, La Réunion compte 249 officines de pharmacie qui réalisent un chiffre d’affaires global de 513 millions d’euros et emploient environ 1 800 personnes, soit près de 6 % des effectifs du commerce de détail. Le maillage réunionnais des officines est moins dense qu’en France métropolitaine, mais celles-ci sont, tout de même, en surnombre en regard des règles d’installation.

La situation financière de la majorité des officines à La Réunion apparaît relativement favorable. La moitié d’entre elles réalise un chiffre d’affaires de plus de 1,9 million d’euros, contre 1,7 million d’euros au niveau national. Les marges y sont supérieures et l’endettement plus faible, en raison de l’application d’un coefficient multiplicateur au prix des médicaments, pour compenser les surcoûts à La Réunion. Si, globalement, la solvabilité de la moitié des officines est bonne, des signes négatifs apparaissent, se traduisant par la présence d’impayés et l’enregistrement de procédures collectives. Cette situation est symptomatique des risques inhérents à la mutation de leur modèle économique. En effet, la baisse de tarif des médicaments remboursables, la pénétration croissante des génériques et l’accentuation de la concurrence (parapharmacies, émergence du low cost et des sites en ligne), en dépit du « numerus clausus », pourraient fragiliser leur solidité financière confrontée à de lourdes charges fixes (loyers et remboursement de l’emprunt du fonds de commerce). La profession fait également face à la problématique de transmission des officines (départ en retraite) et aux menaces de déréglementation, avec notamment la rupture annoncée du monopole de distribution des officines de pharmacies au profit des supermarchés (à l’instar des pays anglo-saxons). Dans ce contexte, les pharmaciens doivent s’adapter et profiter de leur atout concurrentiel lié à leur capacité de conseil et à leur statut de spécialiste de la santé. Outre la mise en avant de cet avantage, le regroupement des officines pourrait constituer une solution pour fluidifier le marché (moins d’officines, mais d’une taille plus importante), mouvement déjà en marche.

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