N° 482- L’économie bleue à Mayotte: de nombreux défis pour un secteur à structurer

Mayotte bénéficie d’un environnement maritime conséquent : 74 000 km² de Zone économique exclusive (ZEE) et un des plus grands lagons du monde, d’une superficie de 1 100 km². Perspective de croissance importante, l’économie bleue (encadré ci-après) à Mayotte peut contribuer, sous certaines conditions, à un développement pérenne de l’ile. À l’heure actuelle, cette branche de l’économie reste marginale comme en atteste son poids relativement faible dans l’environnement économique et bancaire : le secteur représente seulement 2,3 % des entreprises de l’ile. Son tissu économique est constitué principalement du secteur tertiaire, caractérisé par la prépondérance des acteurs publics aussi bien sur le marché du travail que dans la création de richesse. Mis à part le transport de marchandises, le développement de l’économie bleue souffre principalement d’un manque d’innovation et d’initiatives en raison de carences en capitaux et en expertises.

Au regard de son environnement régional, Mayotte cumule des retards importants vis-à-vis des géographies voisines telles que Maurice ou les Seychelles. L’analyse régionale, au travers de ces deux pays pionniers de l’économie bleue, permet un éclairage pouvant nourrir d’éventuels choix stratégiques pour Mayotte. En termes d’avantages comparatifs, Maurice se positionne comme un acteur incontournable du secteur de la pêche, du transport maritime et du tourisme tandis que les Seychelles occupent une place prépondérante dans l’activité industrielle de transformation des produits issus de la mer. Néanmoins, les deux pays doivent composer avec un environnement naturel contraint par l’étroitesse de leur espace maritime d’un côté, et la fragilité de leurs ressources halieutiques de l’autre.

L’économie bleue mahoraise présente des atouts susceptibles de créer de la richesse et de l’emploi : un lagon exceptionnel et une position stratégique attractive dans le canal du Mozambique. Tirer parti de ces avantages nécessite de faire face à de nombreux défis : la structuration des filières de la pêche et de l’aquaculture, l’émergence d’un secteur tertiaire dit « bleu » ou encore l’organisation logistique du port maritime. Pour répondre à ces objectifs, des investissements aussi bien privés que publics sont nécessaires, ainsi qu’une stratégie de développement précise. Renforcer la professionnalisation du secteur en proposant des formations aux métiers de la mer, valoriser l’image de l’ile et favoriser la coopération entre les acteurs économiques paraissent être des conditions nécessaires au développement de Mayotte.

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