Charles MEDA ’Les missions de l’IEDOM’

Directeur de l’IEDOM et de l’IEOM de 1974 à 1990

L’Institut d’Emission des Départements d’Outre-Mer a toujours
considéré qu’au-delà de ses fonctions de banque centrale (signes
monétaires, régulation du crédit, contrôle des banques, études
économiques), il se devait de compléter dans les domaines du court
et du moyen terme l’action conduite dans le long terme par la Caisse
Centrale de Coopération Economique devenue Agence Française de
Développement.

En approfondissant l’information grâce notamment au concours des
comités consultatifs d’agence et en la diffusant avec ses rapports et
ses études de conjoncture aussi bien en métropole que dans les pays
concernés, elle permet de faire connaître les besoins de ces derniers et
leurs moyens.

Parmi ces moyens figure bien sûr le crédit, désormais bien distribué
par des banques modernisées et bien contrôlées. Le coût du crédit a
été très sensiblement réduit grâce à des refinancements adaptés
pendant les périodes ou ce crédit avait beaucoup progressé. Enfin,
l’accès au système bancaire a pu être largement facilité grâce à la
création des Fonds de Garantie.

La mise en circulation des billets et des pièces qui a toujours constitué
une lourde tâche pour les agences a été assurée dans les meilleures
conditions en particulier lors de l’introduction du franc métropolitain
à la Réunion à la place du F CFA ainsi qu’au moment de la création
de l’euro.

A la Réunion, le remplacement du F CFA par le franc métropolitain en
1975 avait suscité quelques difficultés. En effet, certaines autorités
politiques étaient réticentes, craignant que cette opération
entraînerait une hausse des prix. En fait, il n’en a rien été ; au
contraire, l’arrivée du franc métropolitain a permis aux réunionnais
de mieux comparer les prix locaux avec ceux proposés par les
magasins de vente par correspondance qui ont toujours été
appréciés dans l’île.

Par ailleurs, il a fallu que la population s’adapte à la nouvelle unité
monétaire et pour cela, l’Institut d’Emission avait créé de nombreux
bureaux d’échanges dans l’ensemble du pays et diffusé le slogan
« multipliez par 2 et divisez par 100 » ; ainsi tout s’est bien passé ;
mais la venue de l’euro a nécessité de nouvelles dispositions.

Une mesure particulière affectant toutes les agences devait
constituer un progrès notable pour certaines catégories de
personnel ; il s’agit des dames compteuses affectées au tri et au
comptage des billets qui se faisaient alors manuellement. La
mécanisation de ces activités pour ce qui concerne le comptage
permit d’accélérer ce travail et de le rendre moins contraignant.
Au cours des 50 ans de son existence, l’Institut d’Emission des
Départements d’Outre-Mer a ainsi su s’adapter grâce au soutien du
Ministère des Finances et de la Banque de France a une situation
économique et sociale très évolutive afin de répondre le mieux
possible aux besoins des populations et aux nécessités de leur
développement.

Pour ma part, ayant participé pendant près de 20 ans à la
gouvernance de l’Institut d’Emission, je ne peux conclure ce billet
sans dire tout le plaisir que j’ai ressenti à travailler auprès des
directeurs généraux successifs de la Caisse Centrale également
responsables au plus haut niveau de la politique et de la gestion de
l’Institut d’Emission et sans exprimer tous mes remerciements à
l’ensemble du personnel du siège et des agences qui a su mener à
bien des tâches souvent difficiles.

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