Patrick BESSE ’Quelques défis liés au changement de l’environnement de l’IEDOM’

Directeur de l’IEDOM et de l’IEOM

Directeur de l’IEDOM et de l’IEOM

Ce jour de l’été 1996, je roulais sur l’autoroute écoutant la radio d’une oreille distraite. Un journaliste annonça une interview du directeur des Monnaies et Médailles que je me mis à écouter avec une attention croissante. Il évoquait en effet la préparation du passage à la monnaie unique et ses conséquences en matière de gestion des monnaies métalliques. Un peu abruptement je prenais conscience, sans encore bien en mesurer l’ampleur, de l’importance du chantier qui s’ouvrait devant nous. J’imaginais alors les tonnes de pièces qu’il faudrait gérer, les millions de billets, ... dans quels délais, en quels lieux ? … les questions s’enchaînaient alors et la réflexion ne faisait que commencer !

Ce vaste chantier devait durer 6 ans et passer par différentes étapes.

Le basculement scriptural du 1er janvier 1998 tout d’abord, avec pour les Instituts un changement de plan et de référentiel comptables, une conversion de monnaie pour le FCFP et un changement d’applicatif comptable. Le tout mené en 18 mois par les équipes comptables et informatiques du siège et des agences. L’éditeur du progiciel que nous utilisions depuis 1993 avait déclaré forfait sur l’évolution de son produit à l’Euro, mais aussi au passage à l’an 2000. Le pari, qui a mobilisé pendant plus d’un an une équipe dédiée de 7 à 8 personnes au siège, a réussi, avec une mise en place pendant le week-end du 1er janvier 1998, non sans quelques frayeurs dues au taux de change à 3 décimales du FCFP par rapport à l’Euro, qui générait des écarts que nous avons mis plusieurs heures à identifier !

Le basculement fiduciaire ensuite, plus de quatre années de réunions à tous niveaux, de concertations interne et externe, de calculs complexes, de recherche de solutions de stockage et de gestion, ... Cette période fut riche pour tous ceux qui y participèrent non seulement par l’aventure (où les aventures) vécue à cette occasion ou pour le seul sentiment d’être les acteurs d’un projet historique, mais aussi, avec le recul du temps, parce qu’il fut, au niveau de l’IEDOM, une réussite et même un sans-faute. Pragmatisme, réflexion et bon sens ont été les moteurs de nos travaux s’appuyant aussi sur un grand professionnalisme et une parfaite connaissance du terrain. Bien sûr, nous avons aussi bénéficié des travaux menés au niveau national et il faut noter la qualité des relations qui ont pu se nouer à cette époque, à Paris, avec les équipes de la Banque de France, du Trésor, l’armée ainsi que dans chacun de nos territoires avec les autorités civiles et militaires. Chaque agent de l’IEDOM qui a participé à cet événement s’en souviendra sans doute longtemps tant la volonté de réussir, qui était présente tout au long de ce vaste chantier, a cimenté les relations entre les équipes au sein de notre maison et nous a permis de créer des relations fortes avec nos partenaires et nos clients.

Si toute cette période à été l’un des grands temps forts de notre établissement, il ne représente qu’une partie de ces cinquante années passées comme Banque centrale de la France d’outre mer, de l’océan Indien et de l’océan Atlantique. L’insularité, l’éloignement de la métropole, la diversité des contextes ont longtemps été et restent le ferment et la raison de notre existence.

C’est toujours notre richesse pour peu que l’on sache la cultiver et s’adapter.

Au fil du temps, nous avons dû évoluer, passer de cette époque où le courrier mettait 3 semaines pour arriver (et autant pour le retour de la réponse) à celui de l’instantanéité de la messagerie ou celle du téléphone et de la visioconférence, nous avons su gérer localement la totalité de nos processus manuellement et même ensuite, dans les années 80/90 lorsqu’ils se sont automatisés pour passer, depuis, au travail en mode déporté, … Les défis relevés tout au long de ces cinq décennies ont été légion, trois changements de monnaie, l’évolution jusqu’en 2000 puis la fin de l’outil de développement, plus que de politique monétaire, qu’était le réescompte, la belle aventure des Fonds de garantie interbancaire, la mise en oeuvre des
commissions de surendettement, celle de la médiation du crédit plus récemment, la montée en puissance de l’informatique, le développement des moyens de paiement, de l’ordinateur de compensation à SEPA, la mise en oeuvre d’une cotation propre jusqu’à l’intégration à FIBEN, du tri manuel aux matériels sécurisés de grande capacité, la réponse à une demande croissante en matière de connaissance économique et monétaire de nos territoires ... Sans compter le travail des métiers dits « support » tant au travers de la modernisation de notre gestion, de la construction de plusieurs agences, de la définition et de la réalisation de nos protocoles de sécurité, de l’évolution de la gestion de notre trésorerie, …

Tout ceci n’est certes pas exhaustif mais le reflet de ces cinquante années se trouvent dans tous les personnels qui ont su trouver les solutions, mettre en oeuvre ces techniques, gérer au quotidien des processus de plus en plus complexes, rédiger les procédures correspondantes (beaucoup se souviendront des Instructions Générales Codifiées - IGC !), ….. bref, assurer la vie de l’IEDOM. Nous avons connu, comme toute entreprise, des difficultés, des réussites et des échecs, des peines aussi. Mais partout, chacun a su se repositionner et tenir sa place.
Ceci tient aussi aux relations étroites qui se nouent au fil du temps entre siège et agences et surtout entre les personnes qui composent notre maison et qui se connaissent au gré des missions des uns et des autres ou des affectations. La tradition de l’accueil existe à l’IEDOM et notre plaisir est toujours grand de se retrouver à l’occasion d’un séminaire au siège ou d’une mission en agence.

Notre institution a réussi à passer d’un monde qui était centré sur sa géographie, cultivant ses spécificités, à celui de la vitesse et de l’extra territorialité. Elle pénètre désormais dans un univers qui se caractérise par une forte exigence et une obligation de partage. Elle a les moyens de poursuivre sa route. Sa force réside, sans nul doute dans la diversité de ses cultures, de ses femmes et de ses hommes. Elle réside aussi dans sa compréhension du contexte dans lequel l’IEDOM doit évoluer. Le chemin parcouru montre bien que c’est ensemble que nous avons vécu et avancé. Dans un espace, qui aujourd’hui ne connaît plus les contraintes qui furent les nôtres, la richesse des expériences des uns et des autres, où qu’ils soient, et la capacité à travailler ensemble feront l’Institut de demain.

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