En 2025, les Outre-mer enregistrent une amélioration progressive de l’environnement économique, qui se traduit par un climat des affaires en hausse dans l’ensemble des territoires. Cette dynamique reste toutefois fragile, freinée par des vulnérabilités qui affectent à la fois les ménages et les entreprises. Dans ce contexte, la transformation des modèles économiques demeure un enjeu central, tandis que le choc énergétique actuel souligne l’urgence de la transition énergétique.
Un environnement économique qui s’améliore en 2025 après une année 2024 sous tension
Après les chocs de 2024 (économiques, sociaux et climatiques), les économies ultramarines sont plutôt orientées à la hausse en 2025. L’indicateur du climat des affaires, reflet du moral des chefs d’entreprise, augmente partout et se situe au-dessus de sa moyenne de long-terme en fin d’année. Le financement bancaire confirme également cette orientation, bénéficiant d’un environnement de taux plus favorable. La Nouvelle-Calédonie fait exception à ce constat général : plus d’un an après les émeutes de mai 2024, la situation calédonienne reste encore dégradée et les signaux de reprise peinent à se manifester.
Si le moral des chefs d’entreprise est meilleur, cette reprise est néanmoins timide. Dans la plupart des territoires ultramarins, l’emploi privé reste atone, voire en léger repli ; le taux de chômage, stable sur un an, est toujours nettement supérieur à la moyenne nationale.
Des vulnérabilités qui persistent
L’inflation est revenue sous les 2 % dans l’ensemble des Outre mer, mais l’épisode inflationniste récent a pesé sur le budget des ménages, notamment les plus vulnérables. Le recours à la procédure de surendettement a notamment fortement progressé en 2025 dans les territoires ultramarins, même s’il reste globalement moins fréquent qu’en France hexagonale.
Du côté des entreprises, l’année 2025 s’annonce comme un record en matière de nombre de défaillances, reflet d’un effet de rattrapage post-Covid mais aussi de tensions qui pèsent sur le tissu productif des Outre mer. Les délais de paiement, sensiblement plus longs que dans l’Hexagone, demeurent notamment une contrainte forte pour les entreprises ultramarines.
Les défis pour l’avenir : consolider la reprise, accélérer la transformation
Les perspectives pour 2026 invitent à une certaine prudence. Dans plusieurs territoires, les entreprises interrogées se projettent sur une hausse de leurs investissements et l’horizon semble s’éclaircir. À Mayotte, la reconstruction post-Chido pourrait réellement s’amorcer en 2026, avec le déblocage de budgets de l’État dans le cadre de la loi pour la refondation de Mayotte. En Nouvelle Calédonie, l’économie reste suspendue à la clarification de l’horizon institutionnel, un facteur déterminant pour le retour de la confiance et des décisions d’investissement.
La hausse des prix des carburants, conséquence de la guerre au Moyen-Orient débutée le 28 février 2026, rappelle la forte dépendance énergétique des Outre mer. Elle pourrait se traduire en nouvelles pressions inflationnistes en 2026. Ce choc souligne plus fortement encore l’importance de la transition énergétique dans les territoires, levier essentiel de résilience et de souveraineté.
Les territoires ultramarins disposent d’atouts pour consolider la reprise. Cela suppose de renforcer leur attractivité économique, de dépasser les constats récurrents en mettant effectivement en œuvre les recommandations déjà formulées, que ce soit en matière de renforcement de la concurrence, de réduction des délais de paiement, mais aussi de concentrer les efforts d’investissement vers les priorités stratégiques identifiées (infrastructures, connectivité, souveraineté alimentaire, transition énergétique).