En 2024, les délais de paiement interentreprises dans les DCOM de la zone euro s’améliorent. En moyenne, les délais clients se réduisent de 2 jours pour atteindre 39 jours de chiffre d’affaires tandis que les délais fournisseurs restent stables à 49 jours d’achats. En conséquence, le besoin de trésorerie issu des délais de paiement diminue d’un jour pour atteindre 10 jours de chiffre d’affaires. Les délais de paiement en Outre-mer demeurent toutefois supérieurs à ceux mesurés pour la France entière, où ils atteignent 28 jours (délais clients) et 36 jours (délais fournisseurs).
Si ces délais de paiement se situent en dessous du seuil légal de 60 jours, une entreprise sur quatre dans les DCOM de la zone euro enregistre des délais clients moyens supérieurs à 60 jours. Or, l’impact des retards de paiement est très significatif : la trésorerie nette susceptible d’être mise à disposition des entreprises ultramarines si aucun retard de paiement n’était constaté s’élèverait à 435 millions d’euros.
Au niveau sectoriel, les délais clients diminuent dans presque tous les secteurs d’activité. La construction et le soutien aux entreprises enregistrent les délais clients les plus élevés ; sur l’année, ces derniers diminuent respectivement de 2 et 3 jours et atteignent désormais 60 jours. L’amélioration du délai de règlement client leur permet de régler, à leur tour, leurs fournisseurs plus rapidement (respectivement -1 et -2 jours).
Les délais de paiement des TPE, qui représentent la grande majorité des entreprises ultramarines, diminuent à 35 jours. Les PME affichent des délais clients stables à 58 jours, alors que les délais fournisseurs restent supérieurs au seuil légal (67 jours). Déjà très élevés, les délais de paiement des ETI se dégradent en 2024. Si ces dernières sont réglées en 63 jours par leurs clients, elles payent leurs fournisseurs en moyenne en 83 jours, un niveau bien supérieur au seuil légal défini par la loi. Bien que les ETI ne représentent qu’une minorité des entreprises ultramarines, les montants concernés sont néanmoins significatifs et leurs difficultés sont susceptibles de se diffuser à une large part du tissu économique.
Les territoires ultramarins présentent globalement des délais de paiement en amélioration en 2024. Les entreprises mahoraises se distinguent toutefois par la dégradation de leurs délais clients (+1 jour à 58 jours) et fournisseurs (+1 jour à 62 jours) qui restent supérieurs au seuil réglementaire. Cette évolution contrastée peut s’expliquer par les effets du cyclone Chido qui a dévasté l’île en décembre 2024 et perturbé la chaîne des paiements.
En Guyane, les délais de paiement figurent parmi les plus élevés ; cependant, ils s’améliorent pour la quatrième année consécutive et atteignent 46 jours pour les délais clients (-4 jours) et 51 jours pour les délais fournisseurs (-1 jour).
En Guadeloupe, les délais clients et fournisseurs se réduisent respectivement de 3 jours à 38 jours et d’un jour à 48 jours.
En Martinique, les entreprises sont réglées plus rapidement par leurs clients (-2 jours à 39 jours), mais payent leurs fournisseurs plus tardivement qu’en 2023 (+1 jour à 51 jours).
À La Réunion, les délais de paiement reculent d’un jour, à 37 jours de chiffre d’affaires (délais clients) et 46 jours d’achats (délais fournisseurs), soit les délais les plus courts observés parmi les DCOM de la zone euro.
À partir du 1er septembre 2026, la réforme de la facturation électronique imposera progressivement la généralisation de la facturation électronique à l’ensemble des entreprises assujetties à la TVA. La réforme permettra de réduire les retards de paiement liés aux difficultés de circulation, de traitement et de suivi des factures, tout en renforçant la capacité des entreprises à piloter leur trésorerie et leurs encaissements.
Les services de l’État et le service public local sont mobilisés depuis plusieurs années afin de réduire les délais de paiement au travers de différentes actions : modernisation de l’organisation pour améliorer l’ensemble du processus de paiement, actions de communication et sensibilisation à la problématique des délais de paiement, mise en place d’outils afin de fluidifier la chaine de dépense, etc.
En 2025, le délai de paiement moyen de l’État dans les DROM est en hausse de 0,8 jour pour s’établir à 20,4 jours. Au niveau de la commande publique (57 % du total des dépenses), les résultats s’améliorent nettement, avec un délai à 17,1 jours (-2,3 jours).
Dans le secteur public local, le délai de paiement se dégrade légèrement pour atteindre 39,9 jours en 2025 (+0,7 jour). Il reste supérieur au délai global de paiement réglementaire de 30 jours, mais également à la moyenne hexagonale (19,3 jours).
Le délai de paiement des établissements publics de santé se détériore significativement, passant de 121,5 jours en 2024 à 130,6 en 2025, une valeur plus élevée que le délai légal de 50 jours. Le délai de paiement des établissements hexagonaux se dégrade aussi, mais reste inférieur à celui des Outre-mer, pour atteindre 71,3 jours (+8 jours).
En 2025, les contrôles des délais de paiement effectués par la DGCCRF sont en hausse, 36 établissements ultramarins ont été contrôlés contre 25 en 2024. Cinq avertissements ont été émis pour les cas de dépassements non significatifs et 15 amendes administratives ont été prononcées. Les procédures de sanction administrative ont représenté un total de 1 379 050 euros d’amende en 2025, contre 755 000 euros en 2024.
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Pour lire l’étude sur les délais de paiement en 2024 des entreprises en Nouvelle-Calédonie, cliquez ici
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